dimanche 28 octobre 2007

L'Amant Tourmenté

Lundi, 24 septembre.

Mon Amour,

Je ne sais que te dire ni par où commencer. Je veux que tu saches la peine que cela me coûte de te l’avouer…Mais aujourd’hui mon cœur saigne de ce qu’il me faut maintenant t’écrire.

Hier mon Amour, j’étais pourtant si sûr, certain que tu étais la seule, qu’il n’y en avait qu’une, aucune autre comme toi. Toi, mon unique, ma muse, ma perle, ma plus belle, je t’aimais passionnément. Hier encore vivait dans ma mémoire le souvenir de notre dernière rencontre. Cette interminable attente, toutes ces heures de tourmente, celles qui n’en finissent pas. De nos retrouvailles brûlantes, des heures passées ensemble, sur tes places et tes parvis, sur les quais de ta Seine, à l’ombre de tes ruelles… Mais étaient-ce des heures, des secondes ou des années ? Quand nous étions ensemble, le temps ne comptait plus, il s’était arrêté. Te souviens-tu de nos adieux sur les quais de tes gares, le dernier regard et le sourire forcé, le cœur lourd, la mine triste des amants qui se quittent sans savoir quand ils se reverront. Mais je t’aimais, aveuglément, éperdument. Un jour, je ne serai plus reparti, je te l’avais promis. Nous aurions vécu ensemble, peut être un siècle, heureux. J’aurais vieilli pour deux, pour que tu restes belle, toi lumineuse, toi coquette, toi paresseuse, toi midinette, toi grande dame pleine de sagesse, toi l’Immortelle, toi l’Eternelle. Je te croyais unique, tu m’en avais fait la promesse. Jamais, jamais je n’en avais regardé d’autres, ni tes aînées, ni ces jeunettes, toutes étaient fades et imparfaites à l’ombre de ta beauté.

Ô mon Amour, comme je regrette… Je l’ai rencontrée par hasard, sur le chemin. Je n’étais pas impressionné par ses grands airs, son attitude ni sa réputation. Au début, je la boudais. Elle, rieuse, moqueuse, légère, et moi buté, borné, elle s’amusait de ma froideur et de la distance que j’imposais. Mais plus je lui fermais mon cœur et plus elle persévérait. Et puis, comme ça sans prévenir, je ne sais plus, c’est arrivé. Elle m’a pris par la main, je me suis laissé faire. Je ne faisais rien de mal, ce n’est qu’une promenade ! Elle me montrait ses plus belles couleurs, ses ocres, caramel, rouge du soir, blanc de pureté. Elle se montrait sous son plus beau jour, parée comme une reine, exagérément belle. Mais sans pudeur aucune, c’est la seconde d’après qu’elle me dévoilait tout : ses côtés les plus sombres, à l’ombre de ses rues, les marques que le temps sur elle avait laissées. Je m’enivrais de ses parfums sucrés de cannelle et d’épices, de soleil du Sud et d’herbes de cuisine. Elle sentait bon les vacances et la liberté, elle sentait l’insolence, l’impunité. Elle me racontait son histoire, et moi je l’écoutais. Je buvais ses paroles, dévorais son parfum. Elle me faisait du charme, mes yeux s’en régalaient. Je voulais résister, mais il était trop tard, j’étais déjà vaincu. Je te savais plus belle, je voulais comparer ! Tu n’avais d’égale que ta meilleure rivale, et cela mon Amour, tu le savais. Mais qu’elle soit la meilleure ne diminue en rien ta singulière beauté. Et meilleure, elle l’était. Comme ça, sans prévenir, je me suis laissé séduire sur la Navona. Elle y avait amené Montmartre pour moi, et le souvenir de notre amour mourrait ici à l’ombre du marbre des fontaines… Les peintres gratifiaient les passants d’un peu d’immortalité, et moi, je pleurais des larmes de bonheur ému par sa beauté. Elle m’avait pris le cœur que je t’avais promis. Toute résistance était vaine, j’étais désormais sienne, pour l’éternité.

Je comprends ta colère, et ta jalousie, je peux comprendre tes larmes, pardonner ta furie, mais pardonne moi Paris de t’avoir reniée,
Mais j’ai rencontré Rome, et j’ai tout oublié.
Pardonne moi Paris, je t’ai toujours aimée
Rome a volé mon cœur, elle m’a ensorcelée.
Pardonne moi Paris ! Notre histoire est finie…

…Je suis amoureux de Rome.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Je te savais aimant, je te croyais fidèle.
Ta trahison me blesse, m’immole, me noie, m’abat.
Veux-tu que pour toi, je déchaîne la Seine ?
Que pour tes yeux aimants je cède aux tremblements
Qui agitent mes rues et leurs tristes fondements ?
Partant, tu me disais
Résister aux charmes de la belle italienne.
Les Romains
Et leur latin
Auront eu raison
De ton esprit divin,
Rome et son Colisée du Triomphe à toi dédié.
Les années m’ont appris que le charme du sud
Qui sur toi ont agis,
Peut-être sont intenses,
Mais qu’ils s’épuisent vite ;
Vers la douceur du nord et des Champs Elysées
Tu reviendras je le sais.
Pourrais-tu oublier ces nuits illuminées,
Ces poésies enflammées, ces ballades passionnées
Qu’ensemble,
Nous avons partagées ?
Capitale
D’un pays que tu aimes, aussi facilement,
De moi, tu ne pourras
Te détourner.
Profite de l’attrait qu’exerce sur toi
La Méditerranée.
Sache t’enflammer à la lueur de ses astres.
Sache t’émerveiller devant l’antique splendeur.
Mais n’oublie pas que moi, je t’attendrai là,
Je ne t’oublierai pas.
Tu ne peux échapper
A l’attraction qu’exerce sur toi,
Celle que tu as aimée…
En Premier.