dimanche 28 octobre 2007

Il cielo è sempre più blù...

Dimanche 2 septembre 2007.




Jour 1 ici à Sienne. La mission n°1 s’est déroulée sans encombres, bien que la partie ferroviaire du voyage ait été mouvementée… Les trains italiens sont taquins. Ils s’arrêtent au beau milieu des voies pendant 20 minutes sans raison apparente, à plusieurs reprises. Ils s’arrêtent à bien plus de stations qu’initialement indiquées, et semblent montrer un mépris total des horaires annoncés. Soit. J’ai su bravement demander mon chemin à plusieurs reprises, et arriver à bon port, ma foi, lorsque le train a daigné y arriver.


Mon comité d’accueil m’attendait sur le quai : Ennio, un ami de Francesca qui a généreusement accepté de m’héberger le temps que j’accomplisse la mission n°2 (recherche d'appartement), et je lui en suis très reconnaissante.


La gare est à l’extérieur de la ville, et c’est en voiture que j’ai été acheminée au centre. Sandro, un ami d’Ennio, était au volant, et n’a pas manqué de me faire apprécier le temps d’un trajet la conduite à l’italienne, si particulière. C’est fou le nombre d’endroits à priori trop étroits où ces gens arrivent à faire passer une voiture. Et à une vitesse indécente, qui plus est. Je suis admirative vraiment.


Une fois les bagages déchargés chez Ennio, en route pour la soirée ; nous allons rejoindre Barbara, la sœur d’Ennio et un groupe d’amis, parmi lesquels Valerio, président du groupe Erasmus, pour aller dîner quelque part.


La ville est divisée en « Contrada », ou quartiers, et ce sont ces « contrade » qui s’affrontent chaque année le 2 juillet et le 16 août lors de la célèbre course du Palio. Ennio m’explique que de mai à septembre, à tour de rôle chaque contrada organise des fêtes sur son territoire, et que nous allons précisément à une de ces fêtes. Effectivement, sous la porte « cami-quelquechose », un DJ teste son matériel pendant que des serveurs s’affairent autour d’immenses tables dressées au milieu de la place. Ambiance repas champêtre donc. Considérant la foule, et le fait que nous étions « étrangers » à cette contrada, nos chances de s’asseoir à une table étaient minces. Nous avons donc battu en retraite dans un petit resto fort sympathique quelques rues plus haut. Le repas fut extrêmement convivial, et j’essayais tant bien que mal de suivre les conversations auxquelles je ne pouvais guère participer autrement qu’en hochant la tête ou en riant, étant incapable d’aligner 3 mots. J’arrivais à saisir l’essentiel de ce qui se disait MAIS QU’EST-CE QU’ILS PARLENT VITE PUTAIN ! Le resto, c’est pas cher pour moi. La viande et les légumes sont servis et comptabilisés en plats séparés, ce qui me permet de ne pas payer la viande que je ne mange pas. Du coup, les plats sont pas chers, puisqu’ils ne sont « pas complets ». J’ai pris les « canellonis fatte in casa con spinaci e ricotta. » Vous vous en fichez royalement, mais c’est pour faire saliver certains, et frimer un peu en casant 3 mots en italien pour le style. Ils ont essayé de me faire manger un truc appelé « fée-gateaux » (feggato sans doute) mais mes talents de linguiste chevronnée m’ont permis d’identifier la substance comme étant du foie. Je m’en suis donc tenue aux assortiments de fromages servis en entrée. Je sens, JE SENS que je vais bien me plaire ici.


Après le dîner, nous sommes retournés à la porte Cami-chose (camiglione ?) afin de rejoindre la fête. Les tables avaient été enlevées et la place transformée en dancefloor. C’était vraiment sympa, cette ambiance. Il y avait vraiment des gens de tous les âges, de 12 à quarante ans passés. Mais la perfection de cette soirée fut quelque peu atténuée par une découverte cinglante : Les italiennes.
Les italiennes font en moyenne une taille 34. Déjà, c’est vexant. Ensuite, elles arborent sans pudeur tout un panel de décolletés mettant en valeur leur poitrine (qu’elles ont généreuse.) Sinon, c’est leur dos qui est offert à la vue de tous, des épaules à la courbe des reins (qu’elles ont généreuse aussi.) Elles semblent toutes sorties d’un magazine de mode, mais pas au sens péjoratif ; elles ont le teint parfait, et ne se fardent pas à outrance (à mon grand regret.) Grands yeux et lèvres pulpeuses sont ainsi rehaussés d’un simple trait d’eyeliner ou d’un gloss naturel. Elles semblent n’avoir aucun complexe lorsqu’elles se déhanchent férocement sur la piste, chaque centimètre carré de peau qu’elles exhibent d’un ton délicatement caramel et rageusement uniforme. La compétition va être rude. Ohhhh oui ça va pas être facile toussa. En plus, en plus, elles ont toujours le sourire aux lèvres, et elles sont sympa. Je peux même pas les détester. C’est dur là putain.


Les italiens, à première vue, il y en de toutes les tailles ; de 1m60 jusqu’au-delà du mètre 90. L’italien semble coquet, tendance trahie par la diversité des coiffures, et le soin manifeste apporté à leur confection. Beaucoup portent la barbe, même courte, mais travaillée comme une œuvre d’art. Même si la barbe est un critère éliminatoire en ce qui me concerne, je sais reconnaître et apprécier la création artistique. Même l’abstrait ; mais bon, j’ai du mal…
Au niveau vestimentaire, on arbore le petit T-shirt moulant, carré aux épaules. Si c’est la chemise, on laisse ouvert les 2-3 boutons de rigueur style « tombeur ». Ils sont mignons. En ce qui concerne les non-barbus, on va pouvoir s’entendre je pense. D’autant que l’italien sait bouger son corps en miuzik et il sait enchaîner les pas de la salsa sur les rythmes trompeurs des airs latinos endiablés. Ça promet.

La pop italienne ne m’a pas convaincue. Mais pas du tout !

Au retour, arrêt une petite heure au Barone Rosso, le bar de la soirée Erasmus hebdomadaire, pour retrouver Valerio. Tentative de rock accro’ avec Attilio, mais j’ai décidé d’attendre de parler l’italien avant de reconduire l’expérience. Il faut dire que malgré mes « LET GO OF THE LEGS ! » répétés, il ne lâchait PAS mes jambes, et demandait à Barbara de lui traduire ce que je disais. Laquelle était, évidemment, secouée d’un fou rire hystérique.


C’est une batterie de tambours qui m’a réveillée ce matin. Rien d’étonnant après six heures de voyage, une soirée prolongée, et un vin rouge douteux. Mais le bruit s’intensifiant, j’ai fini par réaliser que le bruit ne venait pas de mon crâne mais de mes fenêtres. 4 étages plus bas, dans la rue, des hommes en tenues médiévale aux couleurs noires et blanches (et en collant, arf !) défilaient en battant des tambours, ou en agitant un drapeau noir, blanc et orange. Quand je lis dans un article du Point que la ville « vit au rythme du Palio », je ne pensais pas que les contrada ennemies venaient LITTERALEMENT vous tirer du lit un dimanche matin. (ben voui, ma contrada on a un drapeau vert et rouge.) J’ai regardé l’étonnant défilé, clôturé par un petit paquet « d’officiels », puisqu’ils étaient en costume cravate et non en collants noirs et blancs. Ce tintamarre a bien duré une heure. La matinée a également été rythmée du son de différents clochers. Sienne est une ville médiévale, les rues sont étroites et fermées, la résonance est impressionnante...

Sienne est une ville magnifique, et très bien conservée. Je n’avais gardé souvenir que de la piazza del campo, mais les promenades nocturnes d’hier m’ont fait découvrir une ville d’une beauté à couper le souffle. C’est un voyage dans le temps, et hors du temps. C’est un autre monde ici, un autre rythme. On n’est pas pressé (sauf en voiture.) Les gens marchent doucement. Tout est promenade, détente.

Hier matin, en quittant ma chambre, je me suis séparée d’un ami très cher, un ami qui m’avait accompagnée chaque jour de cet été à Lille. Mon parapluie. Ça m’a fait quelque chose de le laisser derrière moi, mais il faut bien reconnaître qu’il n’est pas adapté à ce nouvel environnement. Hier soir, avant de partir pour la soirée, alors que je m’apprêtais à passer ma petite laine (tout de même, il est tard !) Ennio m’a dit « oh you won’t need that. It’s warm out there. »

J’aime cet endroit. C’est l’été, c’est les vacances.

C.


PS : midi et quart. Les tambours reprennent. Apparemment là c’est nous qui partons en représailles chez les autres.

3 commentaires:

POC a dit…

"toussa" ? toussa-t-elle plutôt non ? ;-)

Allez, c'est décidé, je vais lire tout le blog (mais pas tout de suite). Je n'ai passé qu'une journée à Sienne et comme c'est rudement bien écrit, j'ai envie d'en apprendre plus.

Merci !

Piero a dit…

by the way : cielo et non celo

tu ne peux pas désactiver la fonction anti-spam ? Je viens de devoir écrire cppdyjü dans la case, c'est un frein à l'écriture et au commentaire !

Célimène a dit…

Cette requête surpasse mes compétences techniques.

Je ne sais absolument pas comment faire une telle chose !

(je ne suis pas une dinde pour rien !)